Elections allemandes: Scholz critique l'ingérence de Washington
Lecture en 2 min.

Les Allemands « n’accepteront pas que des tiers interviennent en faveur » du parti d’extrême droite AfD à une semaine des élections législatives dans le pays, a déclaré le chancelier Olaf Scholz samedi après les propos la veille du vice-président américain JD Vance.
« La direction que prendra notre démocratie, nous seuls en décidons. Nous et personne d’autre! », a dit Olaf Scholz dans un discours devant les responsables internationaux rassemblés à la Conférence de Munich sur la sécurité.
Il a dénoncé l’intervention du numéro deux de Washington, qui avait critiqué vendredi une ostracisation de l’AfD et plaidé pour la fin du « cordon sanitaire » autour de ce parti: « cela ne se fait pas - et surtout pas entre amis et alliés », a répliqué le chancelier allemand.
Le discours de JD Vance avait sidéré les dirigeants européens par ses attaques sur la « liberté d’expression » selon lui « en retrait » en Europe et la politique migratoire du Vieux continent. Il avait notamment ciblé les partis allemands traditionnels qui rejettent toute alliance avec l’AfD.
Malgré ces divergences, l’Allemagne, qui a fait du partenariat transatlantique le pilier de sa politique étrangère et de défense depuis l’après-guerre, n’est pas prête à tourner le dos aux Américains.
L’Allemagne « continuera à acheter » des matériels militaires américains, a assuré Olaf Scholz, soulignant le « besoin d’une industrie européenne de l’armement forte ».
Sur l’Ukraine, dossier brûlant depuis l’appel téléphonique entre Donald Trump et Vladimir Poutine, Olaf Scholz a réaffirmé le principe selon lequel « la paix n’existe » que « si la souveraineté de l’Ukraine est assurée »
L’Allemagne n’apportera « jamais » son soutien à une « paix imposée » à Kiev, a-t-il aussi ajouté.
Alors que l’administration Trump entretient le doute sur l’implication des Etats-Unis dans la sécurité de l’Europe, le chef du gouvernement allemand s’est également prononcé contre un « découplage de la sécurité européenne et américaine ».
Il a convenu qu’il y avait un besoin « indiscutable » de « continuer à augmenter de manière significative » les dépenses de défense, au-delà des 2% du PIB qu’y consacre actuellement Berlin.
« Chaque pourcentage supplémentaire que nous dépensons pour notre défense nécessite 43 milliards d’euros de plus par an », a-t-il insisté, plaidant pour réforme de la règle du « frein budgétaire » après les élections afin d’en exclure les dépenses de défense.
Ce discours intervient une semaine avant des élections législatives anticipées pour lesquelles le dirigeant social-démocrate est donné perdant.
Son rival Friedrich Merz, candidat des conservateurs qui devancent l’AfD et le SPD dans les sondages, se trouve également à Munich.
L’essentiel à midi
DIRECT. Séisme en Birmanie : des morts à Naypyidaw et en Thaïlande, l’UE prête à aider
Climat : comment une tonne de CO2 évitée peut rapporter 256 € à la société
États-Unis : en Californie, Donald Trump sème la peur sur les campus

Inéligibilité : le Conseil constitutionnel rend une décision sans conséquence sur Marine Le Pen
« Les femmes n’ont pas besoin de devenir prêtres pour être actives dans l’Église »
Au Pakistan, la mode du fitness menace la lutte traditionnelle

Face au tout numérique, faut-il reprendre la plume ?
