Cyclisme : vers une 23e équipe dans les grands Tours
L’Union cycliste internationale (UCI) doit donner son feu vert mercredi à l’invitation d’une 23e équipe dès cette année, une décision très attendue qui ne convient pas à tout le monde.
Passer la publicité Passer la publicitéCela fait des semaines que les organisateurs du Tour de France, du Tour d'Espagne et surtout du Tour d'Italie, qui s'élance dans seulement 47 jours, piaffent d'impatience pour savoir s'ils peuvent, oui ou non, offrir une wild-card supplémentaire à une équipe de leur choix. La candidature finalement non-retenue du président de l'UCI, David Lappartient, à la tête du Comité olympique international (CIO) a, selon de nombreuses sources, gelé le processus de décision.
Un vote du Conseil du cyclisme professionnel est désormais prévu mercredi à Aigle, au siège suisse de l'instance. Formellement, il faudra ensuite encore que le Comité directeur de l'UCI entérine la décision. Mais cela devrait être une simple formalité et on s'oriente clairement vers un oui à une 23e équipe. «On n'est pas trop inquiets, indique le directeur du Tour de France Christian Prudhomme à l'AFP, car la demande est portée par les trois associations officielles», représentant les équipes (AIGCP), les organisateurs (AIOCC) et les coureurs (CPA).
«Ça ne veut pas dire que tout le monde est d'accord. Mais il y a une majorité d'équipes qui le souhaitent», ajoute Prudhomme, qui est lui-même l'un des douze membres du Conseil du cyclisme professionnel et votera mercredi. La conséquence directe d'une décision positive serait que le peloton passe de 176 à 184 coureurs dans les trois grands Tours. Cela représente un petit défi logistique, mais pose surtout, aux yeux de certains, un souci de sécurité dans un sport de plus en plus affecté par les accidents graves.
En 2017, les trois grands Tours avaient d'ailleurs décidé de réduire de neuf à huit le nombre de coureurs par équipe engagée, avec le double objectif d'améliorer la sécurité et de dynamiser la course. «On a besoin de plus de sécurité dans le peloton et là on nous dit qu'on ajouterait huit coureurs, je trouve ça étonnant», a pesté Richard Plugge, le patron de Visma-Lease a bike, auprès du média flamand Sporza, jugeant «incroyable qu'on change les règles au milieu de la partie». Les formations susceptibles d'être invitées trouvent en revanche que c'est «une bonne idée», à l'image de Thor Hushovd, le manager d'Uno-X. «Pour les petites équipes, dit-il, les grands Tours représentent une opportunité de marquer des points et de profiter d'une exposition TV maximale.»
Le facteur Alaphilippe
Sur les grands Tours, la règle veut que les dix-huit équipes du World Tour (1re division) soient automatiquement qualifiées. Deux autres invitations vont aux deux formations les mieux classées de deuxième division. Reste donc deux, et sans doute bientôt trois, invitations à la discrétion des organisateurs. Ce choix est souvent un casse-tête qui s'est encore accentué cet hiver lorsque les deux structures suisses de deuxième division, Tudor et Q36.5, ont recruté deux stars, Julian Alaphilippe et Tom Pidcock, qui ne laissent indifférent aucun organisateur de course.
Dans l'exemple du Tour de France, qui est un enjeu existentiel pour beaucoup de formations, trois équipes principalement sont en balance: la norvégienne Uno-X, la française TotalEnergies et Tudor. Avec deux invitations, il faudrait soit sacrifier une équipe très méritante, soit une équipe française, soit Alaphilippe. Disposer de trois wild-cards éviterait ce choix difficile.
Même chose pour le Giro dont le patron, Mauro Vegni, ne cache pas qu'il serait «vraiment dommage» que Pidcock ne soit pas là, alors que des équipes italiennes comme Bardiani ou Polti comptent également sur une invitation, comme les années précédentes. «La première motivation de passer à 23 est de défendre le deuxième niveau, de faire en sorte que des équipes qui ont un vrai projet puissent grandir, explique Prudhomme. Après, c'est vrai aussi qu'il a une volonté des Italiens, des Espagnols, des Français, de défendre leur cyclisme national. Il faut que leur cyclisme vive. Et vivre, c'est participer aux plus grandes courses.»
Maximus 27
le
Pas très prudent ..Derrière se cache ,enfin pas ,trop l’argent ...