Comment les métiers d’art et du patrimoine bénéficient des opportunités de l’Union européenne ?

“A quoi ressemblent les métiers d’art et du patrimoine en Europe et comment renforcer la coopération dans ce secteur ?”. 70 professionnels et acteurs de l’enseignement et de la formation aux métiers d’arts et du patrimoine de tout le continent se sont penchés sur cette question du 21 au 24 mai dernier à Paris. A […] L’article Comment les métiers d’art et du patrimoine bénéficient des opportunités de l’Union européenne ? est apparu en premier sur Touteleurope.eu.

Comment les métiers d’art et du patrimoine bénéficient des opportunités de l’Union européenne ?
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Couturier.e est un des 281 métiers d'art officiellement recensé en France
Couturier.e est l’un des 281 métiers d’art officiellement recensés en France - Crédits : StudioKreativa / iStock

A quoi ressemblent les métiers d’art et du patrimoine en Europe et comment renforcer la coopération dans ce secteur ?”. 70 professionnels et acteurs de l’enseignement et de la formation aux métiers d’arts et du patrimoine de tout le continent se sont penchés sur cette question du 21 au 24 mai dernier à Paris.

A l’invitation de l’Agence Erasmus+ France Education Formation, les participants ont pris part à quatre jours de tables rondes, visites et ateliers autour de nombreuses thématiques impliquant le secteur. L’occasion pour ces derniers d’évoquer les spécificités et l’attractivité des métiers d’art et du patrimoine dans les différents pays. Rien qu’en France, on en dénombre officiellement 281 différents, pour pas moins de 150 000 professionnels. Pour autant, “on peut faire de la broderie aux quatre coins de l’Europe mais pas avec les mêmes techniques”, affirme Alain Soreil, directeur de l’Ecole Duperré à Paris et fervent défenseur des échanges européens.

La rencontre avait surtout pour objectif de renforcer les coopérations européennes et de multiplier les projets à l’échelle du continent. Pour cela, l’accent a été mis sur la présentation des opportunités de l’Union européenne et de nombreux témoignages qui illustrent “ce que Français et Européens développent ensemble pour répondre aux enjeux comme le développement durable ou la transmission des gestes et du patrimoine immatériel”, souligne Nelly Fesseau, directrice de l’Agence Erasmus+.

Mettre en avant les savoir-faire français

Durant les 4 jours, de nombreux projets ont été présentés aux participants. Les différentes structures ont mis à l’honneur des savoir-faire traditionnels liés à la broderie, la tapisserie, le cuir, le verre, la fourrure, la céramique ou le mobilier.

Les professionnels réunis à Paris ont également pu découvrir des sites prestigieux, à l’image de la manufacture des Gobelins, du Mobilier National ou encore de l’Institut national du patrimoine (INP) et son Campus Versailles, dédié au patrimoine et à l’artisanat d’excellence et installé au cœur de la Grande Écurie du château de Versailles.

Erasmus+ pour les échanges, mais pas que…

Erasmus+ est une des options privilégiées pour favoriser la coopération européenne du secteur. En France, les écoles d’art sont d’ailleurs bien sensibilisées aux avantages du programme européen.

A tous les niveaux du cursus, les étudiants bénéficient de plus en plus des mobilités. A l’image de Flora, une étudiante en 5e année à l’Institut national du Patrimoine (INP). Spécialisée en textile, elle a profité d’une bourse du programme pour partir à Bruxelles et travailler pour l’Institut royal du patrimoine artistique. Au sein de cette structure prestigieuse, elle a restauré tout un tas d’œuvres d’art textile : “des costumes, des fauteuils et des tapisseries, et même les parties textiles des montgolfières”, énumère la jeune femme. L’expérience lui a permis de “découvrir d’autres manières de travailler, et des pratiques différentes, plus proches de celles utilisées en Europe du Nord”.

Contrairement à une idée reçue, le plus célèbre programme de l’Union européenne ne finance pas que des mobilités, comme l’illustre le projet CHARTER (Cultural Heritage Actions to Refine Training, Education and Roles). Débutée en 2021, cette alliance européenne “vise à créer une stratégie sectorielle durable et complète en matière de compétences afin de garantir que l’Europe dispose des compétences nécessaires en matière de patrimoine culturel”, explique la conservatrice et restauratrice Elis Marçal en charge du projet. Grace au financement d’Erasmus+, son équipe identifie les pénuries de compétences afin de combler l’écart qui peut exister entre les besoins des professionnels du secteur et les systèmes éducatifs. Le tout afin d’assurer la viabilité de ces métiers.

Plus de complémentarité avec d’autres programmes européens

Erasmus+ n’est pas la seule opportunité européenne disponible pour les professionnels des arts et du patrimoine. La culture a d’ailleurs son propre programme, Europe Creative, qui recouvre l’ensemble des secteurs culturels et créatifs. Celui-ci, et tout particulièrement son volet “culture” vise à “préserver, développer et promouvoir la diversité et le patrimoine culturels et linguistiques européens”, tout en assurant la compétitivité des acteurs concernés.

Le projet Weave up! en est une parfaite illustration. Mené par l’association HS projects avec des partenaires portugais et lituanien, son objectif est de mettre en relation l’ensemble de la chaîne textile, des éleveurs de moutons aux designers en passant par les industriels du secteur. Autour de quatre matériaux (le lin, la laine, le cuir et le liège textile), les membres du consortium ont mis en place des réseaux d’échange, des résidences (en 2023) et des ateliers de restitution (qui verront le jour au cours de l’année). Le but étant de mieux comprendre les savoir-faire autour de ces différentes matières premières et de mettre en place des stratégies pour assurer la viabilité des filières et réduire leur empreinte environnementale.

Par rapport à Erasmus+, Europe Creative présente un désavantage important : son budget (2,4 milliards d’euros sur la période 2021/2027 contre 28,4 milliards pour Erasmus+ sur la même période). Un constant qui pousse certains professionnels des arts et du patrimoine à se tourner vers d’autres sources de financement. Erasmus+ donc, mais également Horizon Europe qui finance la recherche et l’innovation, ou encore les différents fonds régionaux comme le FEDER ou le FSE+.

Cette tendance est d’ailleurs encouragée par la Commission européenne. L’institution “pousse en faveur d’une plus grande complémentarité des programmes de financement européen”, souligne l’une des organisatrices de l’événement.

Autant de sources de financement et de projets qui ont donné des idées aux participants. Tous repartent également en ayant rempli leurs carnets d’adresse de potentiels partenaires à travers l’Europe. Désormais, “il ne reste plus qu’à se lancer”, résume une participante.

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